Les recettes d’un fonctionnaire pour faire de l’Assemblée nationale une institution ‘’forte’’
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Les recettes d’un fonctionnaire pour faire de l’Assemblée nationale une institution ‘’forte’’

Dakar, 27 juil (APS) – L’ingénieur informaticien Ababacar Safy Ngom, directeur de l’électronique et de l’informatique à l’Assemblée nationale du Sénégal, propose dans un livre paru en juin dernier une série de mesures à prendre par ladite institution pour se rendre ‘’forte’’ et mieux exercer ses fonctions.
 
M. Ngom a publié, chez L’Harmattan Sénégal, le livre intitulé ‘’L’Assemblée nationale du Sénégal : relecture d’une longue pratique de la représentation parlementaire’’ (178 pages). 
 
‘’Pour une Assemblée nationale forte, il convient d’entreprendre des réformes en vue du renforcement de ses capacités (…) organisationnelles et fonctionnelles, liées aux conditions de travail des députés’’, écrit-il après avoir rappelé les fondements juridiques, le passé et d’autres aspects de cette institution.
 
L’hémicycle du Sénégal a l’avantage d’être doté d’une administration qui lui est propre et d’en assurer elle-même le recrutement, a reconnu Ababacar Safy Ngom. 
 
Mais, relève le fonctionnaire de l’institution, ‘’la suprématie ou la prépondérance du pouvoir politique sur l’administration parlementaire influence la sélection du personnel et plombe la gestion des carrières individuelles’’. ‘’Cette situation ne favorise pas le maintien d’un appareil administratif autonome, performant et compétent’’, ajoute-t-il. 
 
‘’Dans l’optique d’accompagner les députés dans leur communication avec [le peuple], l’administration doit être moins frileuse dans l’utilisation des immenses opportunités qu’offrent les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour mieux vulgariser au sein de l’opinion les activités parlementaires’’, propose M. Ngom. 
 
Il affirme dans son livre avoir constaté que ‘’le terrain vital des réseaux sociaux, concernant les activités de l’Assemblée nationale sénégalaise, est abandonné aux activistes’’. 
 
De même s’est-il rendu compte que la chambre parlementaire ‘’a pris un grand retard sur le traitement médiatique de ses propres activités via les réseaux sociaux’’. 
 
‘’L’immense potentialité des TIC pour améliorer l’efficacité politique et opérationnelle du Parlement est largement sous-exploitée. Les équipements sont exclusivement utilisés pour des tâches administratives’’, a observé le directeur de l’électronique et de l’informatique de l’Assemblée nationale. 
 
Ces impairs sont inconcevables dans la mesure où l’hémicycle ‘’ne peut pas rater le train de l’avancée des technologies interactives et des réseaux sociaux, qui ont fait accroître le désir d’une communication dans les deux sens avec les citoyens’’. 
 
‘’Ne pas subir l’information’’
 
Selon l’ingénieur informaticien, les députés souhaitent communiquer directement aux citoyens les informations relatives à leurs propres activités, en plus des activités de l’institution. Pour y arriver, il incombe à l’administration de l’Assemblée nationale de mettre en place les plateformes nécessaires. 
 
A côté des réseaux sociaux, le site Internet est un moyen important, avec lequel les parlements font connaître leurs activités et leurs travaux à la société civile, aux médias et aux citoyens. Dès lors, le site Internet de l’hémicycle sénégalais doit, ‘’par sa qualité, faire autorité, être interactif, couvrir un large éventail d’informations, ne pas subir l’information, mais plutôt être proactif’’.
 
‘’La plus grande partie du travail parlementaire se fait en circonscription où [le député] cultive une proximité qui lui permet de toucher directement et physiquement la population, et d’être disponible à son égard (…) C’est pourquoi il urge pour l’Assemblée nationale d’accompagner les députés dans leur travail au niveau des circonscriptions’’, propose Ababacar Safy Ngom. 
 
Il constate par ailleurs que tous les documents présentés par le gouvernement à l’Assemblée nationale sont rédigés exclusivement dans la langue officielle du pays, le français. En conséquence de cela, ‘’de nombreux députés travaillent sur la base de documents dont ils n’ont aucune compréhension’’, la loi sénégalaise ne faisant pas obligation aux candidats à la députation de pouvoir parler et lire en français, fait remarquer M. Ngom.
 
‘’Au-delà de la compréhension textuelle des documents, l’autre grand défi à relever est la compréhension technique des dossiers. A ce niveau, le gouvernement doit davantage accompagner le Parlement par le recrutement massif d’assistants parlementaires ou, à défaut, instituer une collaboration avec les universités’’, suggère-t-il.


ESF/ASG